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Quelques jours en mai…

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L’annonce est tombée le 6 mai en milieu de journée. La Seine et l’ensemble de ses affluents allaient connaître une crue exceptionnelle dans les 36h à venir. Dès l’après-midi, une première réunion de crise a lieu à la préfecture. Il faut faire vite. Les inondations en Bourgogne disent assez bien à quoi nous sommes exposés potentiellement.

Grâce à la mobilisation immédiate des agents et des élus, le plan de sauvegarde communal est déclenché dans l’après -midi et dès le lundi soir l’ensemble du quartier de Fouchy est informé par documents et le passage d’agents et d’élus volontaires. Le lieu d’évacuation éventuel, le matériel, les denrées ainsi que toute une foultitude de détails décisifs dans ces moments de tension sont listés, répertoriés pour être traités au plus vite.

Des inondations brutales touchent notamment Buchères et Saint-Thibault dès le mardi matin renforçant encore le niveau d’alerte. L’ensemble des volontaires se déploie pour être en permanence sur le terrain. Surveiller, renseigner, rassurer… La Seine monte aussi inexorablement que l’angoisse des habitants. Le canal ressemble à un torrent, les jardins sont envahis par les eaux. Le pic de crue est sans cesse repoussé. Il aura lieu dans la nuit qui vient. Le fleuve, les nappes, jouent avec les souvenirs des anciens, les prévisions des experts nous laissant tous impuissants face aux « Le souci des autres au moment où tout conduirait à ne s’occuper que des siens » éléments. La guerre des nerfs durera au total 72h.

Le pire n’aura finalement pas lieu sur notre commune. Pour autant, dans l’enchaînement et le foisonnement des évènements, il y a matière à tirer de multiples leçons et enseignements pour nous-mêmes et notre ville.

Le professionnalisme des agents de la ville qui se sont impliqués tout d’abord : au-delà de leur mission, du plan de sauvegarde communal adopté l’an dernier, des exercices grandeur nature que nous avions organisés, ils y ont mis du coeur et de l’énergie. Nous pouvons en être fiers et leur « tirer notre chapeau ». Les services du Grand Troyes, de l’Etat et des associations de secourisme ensuite, remarquables d’implication à nos côtés en soutien et expertise continus. Et puis… Dans ce concentré d’aventure humaine, il y a tout ce qui fait sens au milieu de la multitude de contacts, d’échanges, d’informations et de désinformation…

« Le souci des autres au moment où tout conduirait à ne s’occuper que des siens… »

J’ai vu, oui, dans les pires moments de tension, la solidarité de proximité se déployer, l’attention portée aux plus fragiles se faire exigence absolue. « Le monsieur a de l’eau dans son salon », « vous avez sonné au 12 la dame répondait pas tout à l’heure », « on a pris le numéro, pour prévenir au cas où »… Autant d’attentions qui n’excluaient pas les repas improvisés entre voisins, les cafés proposés aux CRS ou aux élus et personnels présents sur le coup de 5h du matin. Rester ensemble, s’unir face à l’adversité, rire aussi pour juguler son angoisse comme un pied de nez aux déchaînements des éléments. Même au plus fort des rumeurs les plus folles, l’instant d’après où l’on a craqué, il y eut la place pour le sursaut, la volonté de faire face. Ensemble.

Au moment d’écrire ces lignes, le temps et la pluie continuent de peser sur le moral et de nous maintenir en veille. D’autres images, anecdotes, enseignements me viennent à l’esprit… Mais, la place me manque pour en rédiger ici l’exégèse. Ces 72h m’ont marqué à jamais. Comme maire, citoyen et tout simplement individu. C’était quelques jours en mai 2013, à La Chapelle Saint-Luc, hameau de Fouchy.

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