Suite Grecque

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Pendant trois ans Jean Kiras a peint cette “Suite grecque”. Prenant pour modèles les sculptures du Parthénon, il s’est livré à une relecture de ces grandes oeuvres, dialoguant avec elles, traduisant leur énergie, leur sensualité, la poésie épique de la mythologie grecque. Zeus, Hestia, Dionysos, Aphrodite, Sisyphe…

Inspiré par ces grandes figures, ce récit pictural se veut un hommage à la culture grecque, fondatrice de notre démocratie.

« Le désir d’entreprendre un travail sur le thème de la sculpture grecque prend forme lors de la visite du musée d’Olympie au cours d’un voyage en Grèce.
Face au groupe du Parthénon présenté au British Museum,cette décision devient définitive.
Ces grandes figures de la période classique me fascinent, je les imagine veillant sur la cité,du sommet du Parthénon.
Dès lors l’aventure commence...
C’est une suite d’impressions sur ce travail que je souhaite faire partager.

Ces statues aux visages détruits par le temps et les vandales parlent avec le corps, leur gestuelle, les plis du drapé...
Les écouter, les comprendre ; chaque touche de pinceau devient une tentative de dialogue.
Suivre la lumière sur lemarbre pour le faire parler, recuellir ses confidences.
Parcourir un paysage imaginaire qui se découvre peu à peu dans les plis qui le révéle.
Comprendre la volonté impérieuse du sculpteur, de son ciseau guidépar les dieux...
Constituer une galerie illustre, dresser des grandes figures exigeantes, les faire surgir sur la surface de la toile.
Organiserla couleur comme évocation d’une polychromie disparue, y ajouter la tendresse que l’on éprouverait à celui ou celle qui nous revient d’un long voyage.

La toile est comme une peau sur laquelle vient se déposer une empreinte.
La mise en place est rapide pour garder l’émotion intacte. Le travail se poursuit jusqu’à l’étape ultime, avec des touches infimes à peine visibles, prolongeant le plus loin possible cette émotion du début.

Il faut un récit pour allerjusqu’au bout de l’oeuvre : Perséphone la nuit et le jour, sommeil de l’hiver, clarté de l’été. Une Néreide, nymphe de la mer, dansant au rythme du mouvement des vagues... la statue de Dionysos installée au British avec son visage rongé par le temps, que je choisis pour en faire le symbole de la mémoire lointaine et le présent nourri d’inquiètudes... Ou encore Zeus façonné d’or et d’ivoire, irradiant de lumière, puissant et immuable tel que le voulait Phydias...

Peindre les dieux de la mythologie grecque aujourd’hui, est-ce anachronique, déplacé, hors sujet,...?
Ils sont loin de nous ces Dieux qui semblent avoir abandonné la Grèce...
En les peignant, j’ai essayé de les rendre de nouveau présents.
C’est un hommage à ce pays malheureux, berceau de la démocratie.
Tout au long de ce travail, je me suis senti solidaire... »
Jean Kiras

« Fidélité et contemplation  : Le travail de Jean Kiras sur la sculpture grecque est au-delà de son imitation, chère à Winkelmann, qui y voyait, en 1755, le seul moyen pour l’artiste contemporain, privé de tout accès immédiat à la beauté de la nature, d’arriver à imiter in -ne précisément celle-ci. Chez Kiras, la représentation des statues antiques devient une -n en soi. Surtout, il ne cherche pas l’idéal de la beauté, mais la vérité de la matière, tant et si bien que les outrages du temps servent de contrepoint au thème pictural de sa nouvelle série : érosions graphiques mais aussi cassures géométriques et homogènes, qui évoquent tout autant le bloc de marbre entier. A l’inverse en e-et, le peintre-archéologue restitue également en introduisant des traces de couleur, traits ou à-plats, rappelant la polychromie originelle de ses modèles. Par ce va-et-vient temporel, l’artiste manifeste sa -délité à l’oeuvre de ses ancêtres. Sous un autre angle cependant, ce n’est pas l’histoire mais bel et bien la leçon de la sculpture grecque qui s’impose à Kiras. Parmi les enseignements à tirer de l’imitation des Grecs, Winkelmann avait encore dégagé l’art du contour et celui du drapé ainsi que, surtout, la noble simplicité et la calme grandeur, seules à même d’exprimer l’âme humaine. Le grand nombre de dessins témoignent du premier, tandis que le second reçoit un hommage appuyé dans les détails proprement vertigineux. Mais c’est l’idée qu’une attitude calme du corps représenté permet le mieux de figurer le caractère humain qui est peut-être la clef, à la fois des mouvements comme en suspens des corps de pierre peints et de la technique du peintre, aux superpositions de couches de couleur transparentes en un nombre inégalé, aux glacis d’une précision rare. L’écriture typique de l’art de Kiras s’est réfugiée dans le détail presque imperceptible d’où elle anime une peinture qui, loin de perdre la force archaïque qu’on lui connaît par ailleurs, se fait caresse et contemplation. »
Yves Mausen - Professeur agrégé des facultés de droit - Membre de l’Institut universitaire de France

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